EDITO

Patrick Laemmel

Président de l'Association Française de Sepak Takraw

Chaque pays est fier d’avoir produit une myriade de cultures, d’arts, de danses, de littératures et de sports traditionnels. C’est le cas du Sud-Est Asiatique en ce qui concerne le Sepak Takraw.

On raconte que lors de l’un de ses périples en Chine, Marco Polo a ramené en Europe un jeu qui consistait à jongler en cercle avec une balle en rotin et à compter le nombre de jonglages…
Le Sepak Takraw est apparu dès le 11ème siècle sous le nom de Takraw en Thaïlande, de Sipa aux Philippines, de Sepakraga en Malaisie, à Singapour et au Brunei, de Chinloong à Myanmar, de Rago en Indonésie et de Kator au Laos.

Considéré comme un des sports les plus passionnants et spectaculaires au monde et tout à la fois accessible à tout un chacun, il est étonnant de constater que la vieille Europe ait attendu l’aube du troisième millénaire pour découvrir ce sport de « rois ».
Le Sepak takraw est un jeu peu onéreux qui ne nécessite guère de moyens matériels et humains. En effet, il suffit d’acquérir une balle, d’occuper un terrain qui a les dimensions d’un court de badminton et d’être à trois pour former une équipe.

Ce jeu collectif qui s’apparente au « kick volley » peut donc se pratiquer de manière récréative et ludique sur n’importe quelle surface, que ce soit sur la plage, sur un quelconque espace vert voire sur la terre battue ou même le bitume.
La compétition est une autre forme de déclinaison possible de ce jeu et qui ne nécessite guère davantage de moyens humains, matériels ou physiques en dehors de l’apprentissage de deux ou trois gestes techniques qui représentent les fondamentaux de ce sport tels que le positionnement du pied pour récupérer la balle, le « smash » par retourné acrobatique ou le « contre ».

Issu d’une sphère culturelle différente de la nôtre, ce sport a vu ses représentants développer des qualités naturelles et techniques qui leurs sont innées, à savoir la souplesse, la vivacité, les facultés de concentration et de coordination ainsi qu’un état d’esprit exemplaire, et qui sont tout aussi indispensables au Sepak Takraw pratiqué en compétition qu’à la pratique de n’importe quel sport martial.
Tout sportif occidental peut acquérir ces qualités s’il laisse libre cours à sa soif d’apprentissage et si sa motivation est réelle. Les qualités qui le caractérisent et qui lui sont culturellement propres comme le jeu de tête et sa grande taille peuvent lui permettre de rivaliser avec les asiatiques d’ici quelques années et peuvent même contribuer à enrichir le takraw.

Le Sepak Takraw est tout aussi accessible à l’Europe que le football à l’Asie. Ils nous le démontrent jour après jour, à nous de leur prouver que le fossé culturel qui nous sépare est tout aussi franchissable en partant de l’occident qu’en venant de l’orient.
Importé par des globe-trotters qui ont séjourné en Asie et par des asiatiques qui ont élu domicile en Europe, le Sepak Takraw se pratique à ce jour dans une dizaine de pays européens.
Les fédérations ou associations nationales se créent les unes après les autres et ont toutes un objectif commun, à savoir faire découvrir et développer ce sport dans leurs aires culturelles.

La FESTA (Fédération Européenne de Sépak Takraw) est née le 1er juin 2003 à l’initiative de tous les représentants européens présents au « Swiss Open 03 » de Sepak Takraw auquel ont participé dix-huit équipes dont deux françaises.
La FESTA en Europe et l’ASTAF en Asie représentent l’ISTAF (Fédération Internationale de Sepak Takraw).
Au niveau de l’hexagone, c’est l’association « Les Takrawbates » de Strasbourg dont certains membres ont séjourné longuement en Asie qui a franchi le cap en créant en Avril 2003 l’Association Française de Sepak Takraw (future FFST) après avoir « égoïstement » joué entre amis pendant deux ans.
Dès qu’elle a vu le jour, l’AFST a signé un contrat de partenariat avec MEGASPORT, société de marketing et de communication domiciliée à Paris, avec qui nous partageons les mêmes aspirations, à savoir la diffusion la plus large possible de cet art qu’est le Sepak Takraw par tous les moyens possibles dont l’organisation et la participation à des manifestations sportives et culturelles, la sensibilisation des médias et la création d’un site internet.


Mis en ligne le 31.05.2003, nous vous invitons à une immersion dans l’univers du Sepak Takraw en parcourant les menus proposés.
Ce site, tout comme le « Guide du Joueur et de l’Entraîneur » que nous tenons à votre disposition, vise à permettre la découverte du Takraw au novice, la pratique au futur joueur et l’enseignement à l’entraîneur.
Persuadés que le Sepak Takraw est pratiqué en France par des groupes isolés, nous invitons chaque individu et chaque club ou association à devenir membre de l’AFST qui s’engage à fédérer toutes les énergies existantes et en gestation.


Cher lecteur, cher joueur, cher entraîneur, que vous choisissiez l’option récréative ou l’option compétition ou les deux ou même en tant que simple membre, contribuons ensemble à ce que le Sepak Takraw devienne sport olympique dès 2008 à Pékin, objectif que nous sommes assurés d’atteindre si nous répondons à la dernière condition requise qui consiste à comptabiliser un nombre suffisant de fédérations et de licenciés.


Contribuons à bâtir un monde pacifique et meilleur par
le moyen du sport pratiqué sans discrimination d’aucune
sorte et dans l’esprit olympique qui exige la compréhension
mutuelle, l’esprit d’amitié, la solidarité et le fair-play…

………………………..(extrait de la charte olympique)

 

Patrick Laemmel

AFST - Tous droits réservés ©